1933

Article paru dans Alternatives Economiques Septembre 2011, rubrique courrier des lecteurs.
Auteur : Alexis DESCHAMPS.

Après 1929, voilà 1933 qui se profile à l’horizon. L’histoire ne bégaie pas elle se répète : après la crise de surproduction, voilà la crise de surproduction.
Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Depuis les années 80, on s’obstine à compresser les salaires, et à substituer à l’accroissement du pouvoir d’achat des salariés, celui de la dette, pour permettre l’écoulement de la production.

Mais l’accroissement de la dette a rencontré sa limite, avec une crise majeure et générale de solvabilité, provoquant la récession : 1929-2008, même combat.

Restait à transformer l’année 2011 en année 1933. C’est chose faite.
Car depuis trois ans les entreprises ont rationalisé leurs activités, c’est-à-dire qu’elles ont restauré leurs bénéfices en compressant leurs coûts de revient, sans vraiment investir et en continuant à débaucher. Dans ces conditions, comment s’étonner que la demande demeure atone, malgré les tentatives désespérées des banquiers centraux de soutenir l’activité en inondant les marchés de liquidités ?

On dira, nous ne sommes pas en 1933, puisque les marchés regorgent de liquidités, et que l’on a provoqué de l’inflation. On dira aussi qu’aujourd’hui, il n’y a plus d’autre choix que de réduire les déficits, pour complaire au marché financier, qui commence à réclamer des comptes.

A cela on peut répondre deux choses :

1°) En guise de hausse des prix, il y a surtout de la spéculation sur le marché des matières premières, et des signes bien plus inquiétants de déflation sur d’autres, comme sur le marché boursier, où les actifs financiers ne cessent de voir leurs valeurs décroîtrent.

2°) Réduire la dette par la compression des dépenses constitue la plus mauvaise des solutions possibles, car on n’a jamais vu un pays en récession diminuer son endettement.

Où se trouve alors la solution?

L’Italie vient d’être désignée par le marché financier comme le nouveau maillon faible de la zone Euro. Pourtant l’épargne des italiens représente six fois la dette du pays. Le niveau de cette dernière est il vraiment insoutenable? Certainement pas, puisque d’autres pays connaissent des niveaux d’endettement bien supérieur à l’Italie. Ainsi la dette du Japon représente 200% de son P.I.B, niveau bien plus élevé que pour l’Italie. Mais il y a une différence importante : dans le cas japonais 90% de la dette est détenue par des investisseurs de l’archipel. C’est donc ici que se trouve la solution : il faut substituer aux marchés financiers l’épargne nationale pour financer la dette, et utiliser cette dernière pour créer de la croissance.

Persister à comprimer les dépenses budgétaires pour réduire la dette ne peut que conduire à une faillite généralisée, car on aboutira à une très grave récession, l’Etat restant dans beaucoup de pays, le premier employeur et le premier consommateur. Il ne restera plus alors comme seul choix, que de laisser les banquiers centraux provoquer une hyper inflation, pour ruiner les créanciers.
On verra alors les citoyens se promener avec des brouettes de Reichsmark, pardon d’Euros, pour aller acheter une baguette.
C’est bien cette catastrophe que le marché boursier commence à anticiper.

Au fait l’accession d’Hitler au pouvoir, c’est quelle année Déjà ?



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